Scrogneugneu

sur, sur quel terrain l'ai-je semé

quels détours m'ont fait, m'ont fait l'oublier,

ma colère... Françoiz Breut - Ma colère


Période orageuse... Le ciel est en colère, et ça tombe à pic : c'est ce dont je voulais vous parler ce mois-ci !


Ces derniers temps, la colère fut le sujet de plusieurs échanges que j'ai pu avoir avec des amies, ou des clientes lors de séances en Relation d'aide au Toucher.


Ce qui revenait, à chaque fois, c'était le fait que la colère était présente, l'émotion était ressentie à la suite de telle situation, tel conflit, mais qu'elle n'éclatait que rarement.

La vague émotionnelle s'amorçait, bouillonnait à l'intérieure pour... y rester.

Ou bien, éclater à demi, une large part restant coincée quelque part, dans le corps, dans la gorge, dans le ventre, dans les poings serrés ...


Les causes de cette non-éclosion étaient diverses :

  • émotion censurée car elle ne correspond pas à l'image que l'on veut donner de soi : une personne calme, tranquille, qui ne fait pas de vagues [ La petite fille douce ]

  • émotion censurée car elle ne correspond pas à un idéal, une posture que l'on cherche à atteindre : la personne qui maîtrise ses émotions [ le saint, le sage ]

  • émotion censurée par la personne avec qui le conflit a lieu : elle ne veut pas entendre la colère de l'autre [ "si tu te mets en colère, j'arrête la discussion" ]

  • émotion censurée par crainte d'être débordée par elle, de basculer dans de l’agressivité, violence, haine, rage.


Bon. Et bien ça me fout en rogne !

Encore une fois, la colère passe à la trappe sous couvert de bienséance, de politesse et autres bondieuseries. Alors quoi ?



La colère est une émotion. Point barre.


Pourquoi ne pourrait-elle pas faire sa vie, comme les autres ?

Qu'est-ce qu'il y a derrière cette auto-censure ?

Qu'est-ce qui nous fait tant flipper à ne pas vouloir laisser se déployer la vague colérique ? (oui je m'inclue dedans, bien sûr...!)


Il y a comme un histoire de peur de perdre la face dans ce face à face conflictuel... Laisser voir sa colère à l'autre, la laisser se poser sur notre visage, en déformer les traits, c'est aussi et surtout se laisser voir sa propre colère, se laisser toucher par elle.

Renoncer à cela, c'est comme renoncer à une relation avec soi, c'est comme parasiter la relation avec ce que nous sommes réellement en train de ressentir.


Entrer dans le conflit aide à faire jaillir toute la force de vie et l'intensité contenue dans la colère.

C'est la mise en mouvement de l'émotion, son déploiement, et surtout la reconnaissance de celle-ci par autrui, qui permet sa résolution.


Il y a souvent besoin du soutien, de l'encouragement d'un.e autre pour nommer cette colère, la reconnaître et l'accepter.


Lors de ma formation, j'ai pu vivre certains massages qui ont réveillé cette colère, cette part animale en moi. L'émotion jaillit comme une flamme !


Et l'espace qui s'ouvre à l'intérieur de soi, après la fureur, est immense de joie, de liberté, de légèreté !


à écouter quand l'orage est passé...


Un joyeux Juin enflammé à vous !


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