Comment hacker le doute ?



Il y a quelques semaines j'ai eu la visite de quelqu'un que je connais bien : le Doute. Peut-être que tu le connais toi aussi ? Avec le temps, je remarque que c'est le genre de personne qui a ses petites habitudes. Il débarque souvent le dimanche soir, aime aborder les sujets les plus " touchy " ( le domaine professionnel, les relations affectives, les engagements en tous genre...), et se fait généralement beaucoup plus présent quand les chamboulements hormonaux sont à l’œuvre - soit tous les 28 jours environ...;) Tous les 28 jours, ça fait quand même une visite trèèèèès régulière. L'avantage c'est que ça laisse le temps d'apprendre à mieux connaître son mode de fonctionnement, à repérer les moments cruciaux où je sens qu'il va venir frapper à la porte. Je finis même aujourd'hui par anticiper sa venue. Mais surtout, ça me permet d'apprendre à l'écouter et à observer sa stratégie de déstabilisation. Et petit à petit, j'apprends à sortir de l'impasse dans laquelle le doute me laisse. Parce que oui, c'est ce genre de personne le doute : celle qui frappe à ta porte, viens foutre le bordel dans ce que tu as construit jusqu'ici, pique dans tes réserves de chocolat (ou de fromage, c'est selon) sous ton nez, ne te demande même pas comment-ça-va-la-vie-en-ce-moment ( et en fait, elle a surtout PAS envie de le savoir ), te saoule de sa logorrhée incessante, repart de chez toi et, sans autre forme de procès, te laisse dans ta mouise sans avoir seulement essayé de te tendre une perche pour t'aider à y voir plus clair. Alors, c'est quoi son intention au juste, mis à part venir mettre le boxon chez toi ? Cette intention, elle est toute simple : faire en sorte que tu ne vives pas tes désirs. Tout mettre en œuvre pour que tu n'ailles pas vers le kiff de vivre ta vie, que tu n'oses même pas sentir un fragment de souffle de la jouissance d'être qui tu es. Que surtout, tu n'ailles pas créer, prendre de décisions, pour vivre et aimer ta vie (oui, tu as bien lu, j'ai écrit " aimer ta vie ". ) Alors quoi ? Y'a une solution miracle au doute ? Oui ET non. J'aime Anne Sylvestre et tout comme elle, j'aime les gens qui doutent. Mais en revanche, j'aime pas y rester trop longtemps. Et j'aime quand il est là le moins souvent possible. Sauf que, attention, spoiler alert : le doute sera TOUJOURS là. Comme un beau caméléon, il prendra la couleur de la comparaison, ou bien celle de l'autopression. Ou encore celle de la fatigue (très répandue cette forme là). Et oui, il y a une façon de hacker le doute. Ok. Donc c'est quoi les options qui s'offrent à toi quand le doute frappe à ta porte ?

  • La solution " Bombe à retardement " : Tu n'ouvres pas, tu fais l'autruche, tu te planques sous ta couette. Le meilleur moyen pour que : soit il continue à frapper en continu pendant des heures et heures, soit qu'il revienne te voir encore plus souvent " parce qu'il s'inquiète de ne pas te voir répondre ".

  • La solution " Les grandes marées " : Tu ouvres en grand la porte au doute, tu te laisses embarquer par ses mots, son discours alarmiste et catastrophiste. Tu plonges dans la submersion émotionnelle. Tu embrasses le doute, voire même tu le devances en rajoutant du drame là où lui n'avait pas - encore - eu la présence d'esprit d'en poser. Tu anticipes tout le malheur qui pourrait s'abattre sur toi et les tiens pour les années à venir. Tu détermines à l'avance tes réactions en fonction de situations qui ne se sont même pas encore réalisées. Bref: tu laisses le doute prendre le pouvoir et remettre tout en question. C'est le branle-bas de combat permanent, une bonne façon d'y laisser toute ton énergie. ( Et vraiment...as-tu envie que ta vie soit un combat, une lutte perpétuelle ??)

Cette option, c'est celle dans laquelle je retombe encore facilement.... Du coup je m'entraîne à la repérer dès que je me sens sombrer dans les grandes marées...!!

  • La solution " Pose toi 2 minutes, respire un coup..."

Tu laisses entrer le doute. Et tu écoutes. Tu te poses sur le canapé face à lui, et tu observes ce qui se passe. Généralement, le doute va venir te titiller sur une décision que tu as prise (ou que justement, tu n'as PAS prise), un choix que tu as posé. Le doute fait que tu ne sais plus si c'est le bon ou le mauvais choix. [ Déjà, te poser la question " y'a-t-il vraiment un bon ou mauvais choix ? " . Évacuer cette dichotomie est un premier pas pour sortir de l'impasse d'une partie de ping-pong infinie. Il y a un choix qui a été pris ou qui est à prendre. Point. ]


Observe cette décision, comme un objet d'étude.

Comment as-tu pris cette décision ? Quel était le contexte ? Qu'est-ce qui l'a motivée ? De l'excitation ? De la joie, de l'enthousiasme ? De la peur, de la crainte ? (bien sûr, comme la vie est toute en nuances, tu retrouvez parfois tous ces ingrédients mélangés !) Retrouve les racines, va chercher le " Pourquoi ? " de cette décision. Revient au terreau de ce qui l'a nourri, ce qui l'a fait émerger, grandir.

Utilise ton meilleur guide : ton corps.

Quand tu revois le contexte de cette prise de décision, quand tu imagines les choix qui s'offrent à toi, que se passe-t-il à l'intérieur de toi ? Tes sensations physiques, quelles sont-elles ? Tension ? Espace ? Y'a t-il de l'excitation ?

Et enfin...la mise en action.

Raccompagner simplement et fermement le doute à la porte de chez toi. Ciao bye ! Et ensuite teste, essaie, prend contact avec des gens, bouge ! Affine, ajuste en fonction des expériences et garde l'écoute du corps comme indicateur de ton niveau de plaisir et d'énergie.

A quoi ça sert de savoir cela ?

Je constate que plus j'apprends à être attentive à mes sensations physiques, plus je leur accorde de l'importance, mieux je me connais, et mieux je reconnais simplement ce qui me fait du bien - ou pas ! Ça m'aide à prendre des décisions qui durent dans le temps, des décisions que j'aime et qui me portent au lieu de me plomber comme un fardeau. Et plus j'aime mes décisions, moins le doute n'a de place pour m'embrouiller la tête !!!

Et toi, quel rapport entretiens-tu avec le doute ? Qu'as-tu mis en place pour...qu'il ne prenne pas toute la place ?

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