L'insoutenable exigence de l'être

(lâchons nous un peu la grappe ! c'est de saison)


Cet été j'ai passé une semaine dans le Vercors, pour y suivre un stage de massage.

Le cadre était idyllique, les hôtes généreux et charmants, le groupe de stagiaires très sympathique et fort enclin à la rigolade. Le stage était animé par Christian Hiéronimus, une " pointure " dans le domaine du toucher-massage, avec 25 années d'expérience et de transmission à son actif . Je suis arrivée le dimanche en fin d’après-midi, j'ai eu le temps de profiter de la piscine face à la montagne (et ouais), de rencontrer les autres stagiaires; le stage ne commençait que le lendemain matin. J'étais tranquille et confiante. Et bam ! Dès le premier jour, je me suis sentie déstabilisée par la manière de transmettre, assez "rentre dedans" et confrontante. Une vraie bousculade dans mes habitudes confortables. J'ai eu chaud, j'ai tremblé de trop vouloir "bien faire", j'ai arrêté de respirer, je n'ai regardé que mes mains, sans prendre le temps d'accorder de pauses à mes yeux si concentrés. Fatalement, je me suis mise à douter de ma pratique, j'ai eu envie de tout envoyer balader !

Et puis... j'ai observé tout ceci dans mon corps. Tout ce qui s'y tramait, tous ces mécanismes routiniers, connus. J'ai observé comment telle ou telle parole venait mettre en branle tout un engrenage de pensées ruminantes, d'idées rondissantes (celles qui tournent en rond - oui j'invente des nouveaux mots.) Et j'en ai ri !!

J'ai ri de voir se rejouer l'histoire de la petite fille qui cherche à être la bonne élève, immédiatement, sans fournir d'efforts. J'ai ri de me voir placer mon exigence au mauvais endroit, avec pour résultat des actions qui veulent tellement être parfaites qu'elles en deviennent " sur-adaptées ". Mes gestes devenaient esthétisants (alors que vraiment, la personne qui reçoit un massage se fout bien que mes mouvements prennent l'allure d'une chorégraphie !), complexes, parce que je me disais que la bonne élève devait montrer ce qu'elle savait faire ! Et pourtant, je crois qu'être exigent n'est pas une "vilaine" chose.


C'est une recherche de qualité qui nous pousse à donner le meilleur de nous-même, à expérimenter, à affiner, à préciser un geste, une intention. Et à se planter. Pour mieux recommencer. Rire de soi, ne pas se prendre trop au sérieux, ça allège grave. Ça permet à l'exigence d'être moins lourde, moins pesante sur les épaules. En clair : à ne pas se transformer en perfectionnisme. Et ce rire m'a permis de recevoir ces enseignements avec davantage de fluidité, d'y goûter avec encore plus de plaisir ! Et bien sûr, de les mettre en pratique dans mes massages, eheh... Et toi, est-ce que tu ris de toi de temps à autre ? Est-ce que tu t'offres la légèreté d'être toi-même ? Je te souhaite un joyeux mois d'Août, léger léger !

0 commentaire

Posts récents

Voir tout